Pierre Gaxotte (de l'académie française) était un ami de Robert Lanz.
Voici des extraits de ce qu'il écrivait à propos cet artiste.

Il se nommait Robert Lanz, mais nous l'appelions Stany et lui-même signait Stany les billets qu'il envoyait à ses amis... Ayant passé son enfance dans un atelier encombré de grandes machines blanches qui se transformaient en monuments officiels, il vécut ensuite à l'ombre de Marcel Lenoir qui avait repris l'atelier de son père et qu'il vit peindre des fresques mystiques et fabuleuses. Las sans doute de vivre dans le grandiose, Stany se fit enlumineur.


...Robert Lanz était merveilleusement beau. Pas très grand, le teint rose, les yeux très bleus, le corps d'une élégance parfaite avec une masse de cheveux dorés, des dents éclatantes et une jeunesse paradoxale qui semblait devoir être éternelle. Pendant des années le temps passa sans le marquer...


...Quand j'ai envie de quelque chose, disait Lanz, je le fais avec mes mains.
 

Peintre, sculpteur, ébéniste, tapissier, expert en illusions, il transformait la matière au gré de sa fantaisie. Avec les matériaux les plus humbles, il fabriquait des corniches, des revêtements en marbre qui étaient du sapin, des tentures qui semblaient tissées d'or et qui étaient des serpillères achetées au bazar voisin...

...Peu avant l'occupation, il s'établit avec sa vieille amie à Saint-Sulpice-de-Favières où j'allai le revoir après la libération. Une fois j'emmenai Jacqueline Apollinaire. Resté souple et agile, il avait perdu ses cheveux et pris son âge, mais c'était toujours le même magicien. Sa petite maison était machinée, truquée, parée, comme la chambre de la rue Myrha. Il en vait fait, en trompe l'œil, un morceau de Versailles...


...En 1959, il ressentit les premières atteintes du mal qui devait l'emporter, un cancer de l'intestin. Opéré plusieurs fois, subissant d'intolérables souffrances, il se suicida dans la clinique de Chenebourg (Genève) où il était hospitalisé. (24 décembre 1965).